6. Le grand siège de Carcassonne - Olivier de Termes, une épopée au XIIIe siècle

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6. Le grand siège de Carcassonne
Nous voici en 1240. Olivier de Termes réapparait dans les documents-sources. Nous avons vu précédemment qu'après l'épisode narbonnais, il a cherché à éviter la répression que pouvait exercer l'Eglise surtout. Et il a probablement participé à l'expédition catalane menant à la conquête de Valence.

En mai 1240, les habitants de Saint-Nazaire, dans le Narbonnais, font l'hommage à Olivier de Termes. Avec Sainte-Valière, voici de riches terres confisquées à un seigneur hérétique que le roi a donné à Olivier. Pour bonne conduite lors de la croisade de Valence ? Et/ou pour se l'attacher, le compromettre, en faisant apparaître Olivier comme un "profiteur" de la lutte contre les seigneurs hérétiques, auprès justement de ses compagnons méridionaux ?

Au vu de la suite, cette donation ne suffit pas pour faire d'Olivier de Termes un fidèle du roi...     

Carte postale ancienne du moulin à eau de Saint-Nazaire. Avec les péages sur le fleuve, plusieurs moulins formaient une belle source de revenus pour le seigneur des lieux...
Une expédition en Provence, le siège d'Arles.


Le printemps et l'été 1240 sont pour Olivier de Termes le temps de la participation auprès de Raimond VII de Toulouse à une expédition dans le cadre large des guerres entre l'Empereur du Saint Empire Frédéric II, et le Pape. Un des champs de batailles de cette confrontation européenne est la Provence, où Raimond VII, allié de l'empereur, attaque le comte de Provence, allié du Pape.

Le fait d'armes principal est le siège d'Arles. C'est au cours de celui-ci que, le 15 juillet, le vice-légat du Pape Zoën prononce une nouvelle excommunication contre l'ensemble des agresseurs, parmi lesquels Olivier.

La ville d'Arles va résister, et la troupe toulousaine va lever le siège vers la fin août.
Pour avoir plus d'éléments sur ce fait d'armes, voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_d%27Arles_(1240)

C'est en même temps que venant du sud des Pyrénées, Raimond Trencavel soulève les terres anciennes de son lignage...
Raimond II Trencavel

Fils du vicomte Raimond-Roger Trencavel qui en 1209 est la principale victime de la Croisade albigeoise, il n'est âgé que de 2 ans lors de ce basculement. Quand en novembre 1209 son père meurt, sa mère est contrainte de signer une renonciation au profit de Simon de Montfort sur ses droits à elle, et à son fils, contre une rente. Le tout jeune Raimond Trencavel est alors placé en tutelle auprès du comte de Foix.

Témoin puis acteur de la phase de reconquête des méridionaux face aux croisés commandés par Amaury de Montfort, il récupère Carcassonne en 1224. Mais comme tant d'autres, il doit céder face à la croisade royale de 1226 et doit s'expatrier à la cour d'Aragon.

1240 est l'année où il mobilise un contingent et fait se soulever la grande majorité des anciens vassaux de la Vicomté afin de récupérer par un coup de force son héritage. Pour ce faire, il doit prendre la cité de Carcassonne, où le chantier de renforcement par une seconde enceinte est en voie de s'initier.


Premier sceau de Raimond II Trencavel, avant 1247.
(Revers  du sceau. Lacune complétée par montage photographique à l’aide de  l’avers. Archives nationales, Service des sceaux, D 760 bis.)
"En ce même temps, Trencavel, fils de l’ancien vicomte de Béziers, de concert avec les notables seigneurs Olivier de Termes, Bernard d’Orzals, Bernard Hugues de Serrelongue, Bernard de Villeneuve, Hugues de Romegous, son neveu, et Jourdain de Saissac, envahit les terres du seigneur roi, dans les diocèses de Narbonne et de Carcassonne; même bon nombre de châteaux tournèrent à lui, Montréal, Montolieu, Saissac, Limoux, Azillan, Laurac, et tout autant qu’il en voulut, dans ce premier moment d’élan et d’effroi."

C'est ainsi que débute la partie consacrée au siège de Carcassonne en 1240 dans la chronique de Guillaume de Puylaurens.
Pour lire le texte au complet, c'est par ici.

Bible de Maciejowski.

Les rebelles de 1240

A la fin de l'été, l'armée de Raimond Trencavel passe par le col du Pertus et traverse le Roussillon. Le castrum d'Aguilar semble être une étape. Puis le sud du massif des Corbières, le Razès (Haute-vallée de l'Aude), pour finir par le Carcassès et arriver devant l'objectif majeur : la cité de Carcassonne.

Chemin faisant, cette troupe se renforce, "recrute" (en forçant parfois la main) parmi de nombreux petits seigneurs et quelques plus illustres. Olivier de Termes est revenu de Provence et est un des grands noms parmi quelques autres : Peire de Fenouillet, Guilhem de Peyrepertuse, Peire de Cucugnan, les Roumengoux, les Villeneuve-Montréal ou encore les infatigables guerriers que sont Géraud de Niort ou Chabbert de Barbaira. Sans oublier Bernard-Hughes de Serralongue, le beau-père d'Olivier, Arnaud de Laure, Guilhem de Minerve, Raimond de Congost etc...

Les enquêtes postérieures et registres d'inquisition font par ailleurs la liste des très nombreux personnages de la petite aristocratie occitane qui se rallient alors à l'héritier Trencavel. Dans le giron d'Olivier de Termes, citons Roger de Durfort, Bernard et Guilhem-Berenger de Villeguert, Pons-Guilhem de Villesèque-des-Corbières, Bérenger de Belfort, seigneur de Palairac, lieu notable de l'exploitation minière...

Le ralliement est semble t'il assez massif... mais toutefois marqué par l'absence de potentiels alliés : les comtes de Foix, Toulouse... en premier lieu. Trencavel n'a donc pas pu ou su faire d'alliance plus large.
Carcassonne en 1240 : quel aspect ?

Une quinzaine d'années après la prise de possession par l'autorité du roi de France, Carcassonne reste une ville uniquement établie sur la rive droite de l'Aude. La cité, avec l'ancienne résidence comtale sur l'éperon à l'ouest, dominant le fleuve, est alors au centre de deux faubourgs concentriques... et du chantier de la seconde enceinte de la cité !?

Nous sommes au milieu du XIIIe siècle sur une période charnière pour l'évolution de la cité, avec "dans ces années-là" la construction de l'actuelle enceinte basse... et de l'enceinte du château, dans la cité, face à la cité. Il semble que cette dernière partie ne soit pas entamée en 1240.
  

Ces défenses royales formant "le château comtal" face à la cité semblent être postérieures au siège de 1240 : elles n'existaient pas encore.
armendes67, CC0, via Wikimedia Commons

L'enceinte basse est datable des années 1240... mais quel était son état d'avancement précisément lors du siège de 1240 ? Les textes n'aident pas... et l'archéologie ou l'analyse du bâti n'indiquent pas si les murs sont de 1239 ou 1241... Considérons donc que ce rempart et ces tours basses sont alors en chantier !?

Ce qui est par contre de mieux en mieux établi grâce aux sondages et explorations archéologiques récentes, est l'organisation, la présence, des faubourgs. Et les indices tendent à proposer le plan que voici, par Marie-Elise GARDEL.

Le rempart de la cité lui-même est schématiquement à rapprocher de son tracé actuel. Imaginer son aspect oblige plutôt à s'inspirer des portions "gallo-romaines", avec des tours à toits peu pentus. Là aussi, les chantiers royaux vont modifier beaucoup de choses... mais après, à la fin du XIIIe siècle !

En résumé, la cité assiégée en 1240 ne ressemble pas encore à celle que l'on visite de nos jours ! (et l'on ne parle même pas des partis-pris de Viollet-le-Duc lors des restaurations au XIXe siècle !)



Le siège de Carcassonne, le rôle joué par Olivier de Termes et surtout... ses mineurs.

Rappellons-le, il y a deux récits quasi-contemporains, à retrouver sur des pages annexes :
   
Rapport du sénéchal de Carcassonne, Guillaume des Ormes[1], à la Reine Blanche de Castille[2], sur le siège de Carcassonne par l'armée dirigée par Raymond Trencavel[3].
13 octobre 1240.
    
Extrait sur le siège de Carcassonne dans la chronique de Guillaume de Puylaurens
  


Une enluminure de siège au XIVe siècle, sélectionnée pour la mise en avant des sapeurs, attaquant la base du rempart.
Chroniques de France ou de St Denis. Origine : France, Central (Paris)  Datation : après 1332, avant 1350 Artiste : Mahiet

C'est le récit de plus d'un mois de siège, du 9 septembre au 11 octobre 1240, avec divers aspects notables :

Tout d'abord, la population des faubourgs, acquise au rebelles, facilite leur prise rapide. Ces zones d'habitat vont servir de base pour la guerre souterraine, l'approche via des galeries de mine, avec le fait important que les départs de galeries sont cachés, car dans les maisons.  

La stratégie habituelle visant à couper l'accès à l'eau s'applique. De même, l'installation de machines de jet, pierriers, mangonneaux, balistes est incontournable, visant à se bombarder mutuellement, à affaiblir des points particuliers.

L'usage conséquent de l'arbalète est à remarquer. Il se popularise au cours de ce XIIIe siècle, même dans les guerres entre chrétiens. L'église l'avait un temps interdite, sauf face aux infidèles...



Le plus remarquable reste l'usage important des galeries de mine.
C'est la conséquence de fortifications solides avec des défenseurs maîtrisant bien les techniques de la guerre défensive. Dans ce contexte, chercher à se ruer à l'assaut d'un haut rempart avec des échelles est assez suicidaire.

Il faut donc... faire s'écrouler le rempart ! Et c'est le but recherché par ces manœuvres souterraines, là où le sous-sol le permet. Et le siège de Carcassonne en 1240 est à ce titre assez remarquable, avec 7 galeries évoquées... quand le siège de Majorque en 1229 n'en voit que 3 s'organiser.

Est-ce qu'il y avait là une stratégie s'appuyant sur les maisons des faubourgs, cachant les manœuvres ? Est-ce que c'est la conséquence de la présence de spécialistes, d'hommes habitués de ce travail ? Rappelons que les terres d'Olivier de Termes se caractérisent par l'exploitation minière, tout comme les terres voisines du Cabardès... il est donc autorisé de penser que ces hommes, ces mineurs mobilisés, ont été à la manœuvre pour ce travail formidable... à l'appel de leurs seigneurs, particulièrement Olivier de Termes.

Mais les récits en témoignent : cette stratégie est souvent empêchée par les contre-mines et palissades des hommes du sénéchal. Au siège de Carcassonne en 1240, un volet majeur du siège s'est donc déroulé en sous-sol ! Et on le sait, l'imaginaire "classique" de la guerre de siège ne propose que trop peu cet aspect pourtant essentiel.

Car sans brèche dans les remparts... pas de prise d'assaut !
Pour consulter quelques articles sur le sujet, voici quelques références :

La levée du siège et la fuite

La garnison royale de Carcassonne a pu résister jusqu'à ce qu'une armée de secours approche. Cette armée est commandée par le chambellan Jean de Beaumont. L'annonce de son arrivée provoque la levée du siège par les méridionaux de Raimond Trencavel et Olivier de Termes.

Le repli se fait sur Montréal, à l'ouest. L'armée royale y assiège sans tarder les rebelles. Guilhem de Minerve, beau-frère d'Olivier de Termes y est signalé auprès de nombreux hérétiques assistant au prêche de Peire Poulain, évêque cathare du Carcassès.

Raimond VII de Toulouse offre sa médiation pour que les méridionaux puissent sortir de Montréal. Mais ils sont vite poursuivis, sur la route inverse à celle prise à l'aller.. Ainsi, les fuyards rejoignent le sud des Corbières, avec l'armée croisée à leurs trousses.

Limoux semble se soumettre sans résistance, ensuite l'ost royal se dirige, via les hauteurs l'Alet, vers les terres d'Olivier de Termes : le castra de Montcournier (aujourd'hui disparu) est pris, avant de viser plusieurs lieux de la seigneurie d'Olivier : Montjoi, Carcassès... Laroque-de-Fa.

C'est à Laroque-de-Fa qu'Olivier de Termes se retranche et que l'armée royale de Jean de Beaumont et du Maréchal des Lévis met le siège. Il est permis de penser qu'Olivier et sa garnison négocient une reddition honorable, car de nombreux prisonniers sont fait. Pas plus de détails quant à Olivier lui-même, mais il semble garder sa liberté contre promesse de soumission au roi.    



Montréal, sur sa colline. Carte postale ancienne.
Le château du XIIIe siècle a été rasé.

Laroque de Fa, carte postale ancienne début XXe.
Un essai de cartographie figurant l'avancée de la troupe royale à la suite du siège de Carcassonne en 1240, par Rodrigue TRETON, extrait de cette publication.

L'avancée de 1240 est l'occasion pour la royauté française de prendre réellement possession du Pérapertusés, suite à l'achat de ce territoire à Nuno Sanç, le 14 janvier 1240, pour la somme de 20 000 sous melgoriens. Illustration avec une carte postale ancienne, début XXe siècle.
Une répréssion parfois féroce

A la suite des redditions évoquées, il y a le 16 novembre, en Perapertusès, celles de Guilhem de Peyrepertuse ou de Géraud de Niort. Mais il y a des situations moins pacifiques...

Les témoignages compilés dans les enquêtes royales font mention de diverses violences dans le processus de répression qui fait suite à la révolte de 1240. Une garnison est particulièrement victime : celle de La Roca de Buc.

Là, des chevaliers originaires du Minervois, Udalger d'Aigues-Vives, Antonin de Sain-Pons, etc... sont pendus suite à la prise du château. Un certain B. de Villefloure, tué lors de l'assaut, voit sa dépouille brûlée. Guiraud de Pépieux est soit pendu, soit brûlé, selon les témoignages pas toujours concordants ou de première main.

L'historiographie plaçait habituellement ce fait au début de la poursuite, en se basant sur un lieu nommé "Buc", près de Limoux. Ce qui correspondrait à une "stratégie" assez commune visant à provoquer le choc et l'effroi, et décourager ainsi toute résistance à la suite. Des recherches récentes indiquent plutôt que La Roca de Buc est située bien plus au sud-est, entre Fenouillèdes et Roussillon, sur un réel escarpement, ou roc (cf carte proposée).

Cela indique qu'à la suite du passage dans les Corbières, et c'est à remarquer, l'armée s'est avancée loin dans les terres insoumises des seigneurs de Fenouillet notamment. C'est d'autant plus remarquable que nous sommes là en novembre, lors de la saison froide, peu propice aux expéditions guerrières. Et que ces terres sont peu ou prou considérées comme dépendantes du comté de Roussillon et de la couronne d'Aragon.

Il manque du temps à l'ost royal vu l'avancée de l'hiver... certains rebelles tels que Chabert de Barbaira, Peire de Cucugnan ou Peire de Fenouillet ne se sont pas soumis. Peut être faut-il analyser l'épisode de La Roca de Buc comme un "message" destiné à ces derniers faidits rebelles ?


Enluminure des années 1250 représentant des hommes de guerre pendus. St. Etienne BM Ms.109 Romance of the Seven Sages of Rome o23v

Les vestiges de la place-forte de Fenouillet.
Hernandlucas, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Pontoise : château royal, illustration.

Carte postale ancienne d'Avignonet-Lauragais.

La promesse de soumission faite en novembre 1240 se concrétise en mai 1241 à Pontoise, en Île de France. A la suite du comte de Toulouse Raimond VII, Olivier de Termes y prête serment de fidélité au roi Louis IX. Il remet sa terre du Termenès et le château d'Aguilar, et se voit pour cela recevoir des revenus de compensation.

Cette relative mansuétude royale envers quelques grands et illustres seigneurs n'est pas vraie pour les petits seigneurs vassaux qui ont suivi la rébellion : eux voient biens et revenus confisqués, au profit d'occitans restés fidèles.

1242 : nouvelle révolte, avec Raimond VII

La rébellion couve encore... en 1241, en secret, une coalition internationale s'organise contre le roi de France. Elle regroupe le roi d'Angleterre, Hughes X de Lusignan, comte de la Marche, Raimond VII de Toulouse et son réseau, ainsi que divers faydits, avec aussi le comte de Foix, le vicomte de Narbonne, Raimond II Trencavel à nouveau etc... Jacques Ier le roi d'Aragon soutient implicitement. La belle saison 1242 verra ces coalisés attaquer chacun de leur côté le roi de France. La préparation est toutefois génée par une sévère maladie pour Raimond VII, un temps en danger de mort.

Le "fameux" massacre des inquisiteurs à Avignonet, le 28 mai 1242, se déroule dans ce contexte (est-ce que cet acte, qui va amener le siège de Montségur en 1243-1244, est commandé par le comte de Toulouse ?!? Pas si sûr... ).

Le comte de Toulouse entame son offensive contre le sénéchal de Carcassonne à partir de juin. Il libére une vaste zone du Bas-Languedoc, entre Carcassonne, Béziers, et Narbonne, où à la mi-juillet, sa chevauchée aboutit. L'évêque Pierre-Amiel, qui est allé se réfugier à Béziers, excommunie tous les grands qui se sont joint à Raymond VII... et nous y retrouvons Olivier de Termes :
"Nous déclarons fauteur, défenseur et receleur d'hérétiques le comte de Toulouse (...) nous l'excommunions et l'anathématisons de nouveau comme routier, violateur de la paix, parjure envers l'Eglise et le roi de France, et procédons de même à l'encontre de tous ses alliés et défenseurs, (...) et nommément contre le comte de Comminges, le comte de Rodez, celui qui se dit le cicomte de Béziers, Olivier de Termes, Aimeric de Clermont, Pons de Villeneuve, Pons d'Olargues, Bernard-Hugues de Serralongue et tous ses enfants (...)."
Surtout, du côté de la Saintonge, entre Aquitaine et Poitou, c'est finalement le roi de France qui va avoir l'initiative face aux coalisés autour de Lusignan et du roi d'Angleterre. Accumulant les succès*, Louis IX va défaire les alliés du comte de Toulouse et par là signifier l'échec de cette nouvelle rébellion de 1242.

Car à nouveau, l'ost royal commandé par Imbert de Beaujeu marche sur le midi. Le comte de Foix ayant fait défection, Raimond VII va à l'automne organiser sa capitulation. En résulte la Paix de Lorris en janvier 1243, qui acte à nouveau - et définitivement- la soumission du puissant comte de Toulouse au roi de France.

En toute logique, un grand nombre de seigneurs méridionaux suivent : environ 160... dont la moitié ont été approchés ou ont soutenu les hérétiques. Olivier de Termes suit probablement le mouvement ? Mais ce n'est qu'en 1247 qu'il prête l'hommage-lige au roi de France, à l'occasion d'un voyage en Ile de France.

La bataille de Taillebourg signe en 1242 la mise en échec de l'Alliance Lusignan - Roi d'Angleterre face au roi de France.

Sceau d'Olivier de Termes en 1241.
          Sceau rond, 35 mm. Armorial : un écu plein, l'écu arrondi. Légende † SIGILLUM : OLIVER : DE : TERME :
          (Appendu à une charte où Olivier de Termes met à la disposition du roi sa terre et son château d'Aguilar, mai 1241. Arch. nat. J 399 n° 39. DOUET D'ARCQ, n° 3675.)
Que fait Olivier dans les années qui suivent ? De 1243 à 1247 ?

Avec pas moins de quatre excommunications jetées à son encontre, et étant lié au sort que l'Église réserve à son suzerain le comtre de Toulouse, il est permis de penser qu'Olivier suit ce dernier en Italie, à la rencontre du nouveau Pape. La levée des excommunications de Raimond VII est documentée, datée du 14 mars 1244. En est-il de même pour Olivier de Termes ? Nous ne le savons pas.
En 1247 en tous les cas, Olivier aura fait la paix avec l'Église.

En novembre 1244, Raimond VII est rentré d'Italie, et en présence d'Olivier de Termes, assiste à Toulouse à la prestation d'hommage du comte de Comminges. A la noël qui suit, le comte de Toulouse qui a alors su "restaurer son pouvoir et son prestige", organise de grandes fêtes.

Avec par ailleurs cette même année, le tragique épilogue de la prise du pog de Montségur, refuge de la hiérarchie cathare, avec un grand bûcher où les cathares périssent*, il semble bien qu'une page se tourne.

L'inquisition poursuit alors son oeuvre, hormis dans les zones incontrôlées à la frontière du Roussillon et du royaume d'Aragon, lequel est hors-juridiction à ce stade. Un argument pour retourner vivre dans les terres familialles ? Olivier de Termes va en tout cas passer une paire d'années là. L'occasion de participer à des guerres privées...
Les "guerres privées"

Nous avons déjà fait l'incise sur les "guerres privées", mais la revoici ! Car ces diverses formes de vengeance, de vendetta, de brigandage, rapt et autres rançonnage... la faide donc, concerne régulièrement Olivier de Termes. C'est un acteur des luttes de pouvoir et de la confusion politique induite dans la région.

Un développement en lien avec Olivier de Termes est là :

Le combat d'Yvain et Gawain. Domaine public.
MS. No. 125 (ca. 1295) Dans "Yvain, le Chevalier au Lion" de Chrétien de Troyes.
 
Une croisade autour du roi de France va permettre aux seigneurs méridionaux de se racheter au yeux de l'Église et du roi. Avant cette nouvelle étape, voici une chronologie avec le rappel de quelques évènements des années 1240.
De nos jours...

Carcassonne, préfecture du département de l'Aude, centre administratif du concept de "Pays Cathare", est mondialement connue pour sa cité médiévale restaurée au XIXe siècle. Cette restauration par Roger Viollet-le-Duc a favorisé l'inscription du monument au patrimoine mondial - UNESCO.

Comme pour le réseau de châteaux qualifiés de "cathares", tels Termes et Aguilar, certaines des pages d'histoire emblématiques (ici les sièges de 1209 et de 1240...) se déroulent à une époque où le monument n'a pas encore été réaménagé de fond en comble. La morphologie de 1240 est différente de celle issue des réaménagements royaux du milieu et de la fin du XIIIe siècle.  

En savoir plus est possible avec quelques renvois sur le web :


Chensiyuan, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons
Quelques ressources et liens pour en savoir plus :



  • Téléchargement d'un récent rapport de fouille archéologique : ICI.

  • Téléchargement d'un article au sujet de La Roca de Buc : ICI.


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